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Léa, enseignante et directrice
Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?
Ingénieur forestier de formation, j’ai travaillé dans ce domaine pendant 5 ans pour finalement m’orienter vers l’ingénierie pédagogique au sein d’un centre de formation de l’enseignement agricole.
J’ai conçu et mis en œuvre des formations dans divers domaines pour des publics variés. La conciliation des objectifs de formation avec les particularités de chaque public, au regard des dernières avancées en neurosciences, m’a particulièrement passionnée. L’acte d’apprentissage peut être tellement facilité lorsque les outils sont adaptés !
Les pédagogies dites « passives » étant de plus en plus remises en question pour laisser la place aux pédagogies dites « actives », j’ai eu la chance de travailler pour l’enseignement agricole, particulièrement novateur dans ces domaines : réduction du cloisonnement disciplinaire, articulation étroite entre théorie et pratique dans le contexte de l’alternance, évaluation adaptée grâce à des mises en situation professionnelles…
La naissance de ma fille en 2018 m’a donné envie de m’intéresser aux pédagogies innovantes pour les enfants. J’ai alors découvert que les pédagogies actives trouvent leurs racines au début du XXe siècle, avec des figures emblématiques comme Maria Montessori, John Dewey, Célestin Freinet et bien d’autres acteurs de «l’éducation nouvelle ».
Ces pédagogues ont critiqué les méthodes traditionnelles, souvent passives et centrées sur l’enseignant, et ont proposé des alternatives où l’élève devient acteur de son propre apprentissage. Ils ont suggéré de nouvelles méthodes et réinterrogé la forme scolaire en partant des besoins des élèves.
Fascinée par ces approches pédagogiques innovantes, j’ai décidé de me former à la pédagogie Montessori 3–6 ans et 6–12 ans auprès de Marie-Hélène Barbier (Ressources Montessori – Osez Montessori, même en école classique !).
Ces formations, d’un an chacune, m’ont permis d’acquérir une base solide me permettant d’enseigner auprès des enfants de 3 à 11 ans.
J’ai pris le poste de directrice et enseignante auprès des 3–6 ans à l’École d’Aujourd’hui en 2023.
Depuis, je m’épanouis pleinement dans mon métier, où j’allie ma sensibilité naturaliste en Forest School avec les pédagogies innovantes telles que Montessori et Freinet.
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Pourquoi es-tu devenue enseignante ?
Je suis devenue enseignante car je prends un immense plaisir à accompagner les enfants dans leur développement au quotidien : mettre en place un environnement et un accompagnement adaptés et sécurisants leur permettant de s’épanouir pleinement en fonction de leur rythme et de leurs besoins spécifiques.
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Pourquoi t’impliques-tu dans ce projet d’école alternative ?
Cette école permet la liberté pédagogique, le multi-âge et le faible effectif, qui sont pour moi des bases incontournables pour un accompagnement de qualité auprès des enfants.
Ces conditions sont propices à leur développement car elles encouragent l’autonomie, la coopération et l’apprentissage par l’erreur, tout en respectant leur rythme. L’enfant devient alors acteur de ses apprentissages.
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Qu’est-ce qui t’anime dans ton métier / dans l’accompagnement des enfants ?
Les sourires et la joie de vivre des enfants, l’émerveillement dans leurs yeux :
- lorsqu’ils réussissent pour la première fois à lire, écrire, prendre la parole face au groupe, danser ou chanter devant les autres ;
- lorsqu’ils observent la nature ;
- lorsqu’ils coconstruisent les règles du vivre-ensemble ;
- lorsqu’ils réussissent à gérer un conflit sans l’aide d’un adulte médiateur ;
- lorsqu’ils s’adressent librement à l’adulte pour exprimer leurs besoins.
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Quelle place occupe la pédagogie Montessori (ou alternative) dans ta pratique ?
La pédagogie Montessori est la porte d’entrée par laquelle je suis arrivée dans les pédagogies alternatives. Depuis, j’ai exploré d’autres approches telles que Freinet, la pédagogie de projets, le jeu libre, la Forest School…
Je m’inspire de toutes ces approches pour m’adapter au mieux aux besoins de chaque enfant.
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Qu’aimes-tu transmettre aux enfants au quotidien ?
Le respect de soi et des autres, ainsi que la joie d’apprendre et de découvrir le monde qui nous entoure.

Chloé, enseignante
Peux-tu nous parler de ton parcours professionnel ?
Après une licence Lettres Modernes, et une licence professionnelle Protection du patrimoine historique et culturel à l’Université de Limoges, j’ai commencé un Master Français Langue Étrangère. J’ai eu la chance de réaliser mon stage de quatre mois aux Comores, où j’enseignais le français à des enfants.
A son issu, j’ai rédigé mon mémoire de recherche, qui portait sur l’utilité et l’efficacité de la voix chantée dans l’apprentissage de la lecture.
En parallèle de mes études, j’ai fait beaucoup d’animation, aussi bien auprès des Éclaireuses Éclaireurs de France, une association de scoutisme laïc, que dans un ALSH aux valeurs CEMEA. J’ai donc partagé beaucoup en compagnie d’enfants !
Depuis mon arrivée à L’École d’Aujourd’hui il y a quatre ans, je continue de me former : j’ai suivi une formation courte « 6–12 ans » à l’Institut Supérieur Maria Montessori, et je suis actuellement en formation d’« éducateur Montessori 6–12 ans » auprès de Marie-Hélène Barbier. Je participe également à des journées d’échanges sur la pédagogie Freinet avec l’ICEM, ainsi qu’aux Rencontres internationales de la classe dehors.
Régulièrement, nous sommes accompagnées par Brigitte Cassette. Nous travaillons notamment autour de la posture éducative, du vivre ensemble, de l’autorité (cadre, règle, sanction), de la vie affective et relationnelle, de la prévention du harcèlement, de la coopération et des temps de parole collectifs. Ces temps incluent aussi des groupes d’analyses de pratiques et des études de cas (hypersensibilité, confiance en soi, médiation…). Ces formations enrichissent ma pratique et nourrissent mes réflexions au quotidien.
Pourquoi es-tu devenu accompagnatrice ?
Ce métier est pour moi la suite logique, la rencontre entre mes expériences d’animation et mon parcours universitaire en didactique des langues. Il est à la croisée de l’accompagnement des apprentissages, de la création, et de l’imaginaire constants dont il faut faire preuve pour rendre les journées et les apprentissages riches et vivants. Alors, si j’aime ce métier, c’est pour la coéducation, le respect, l’inertie, la création, la réflexion, l’imagination, les échanges et les rencontres qu’il engage.
Pourquoi t’impliques-tu dans ce projet d’école alternative ?
Si j’ai choisi cette école, c’est parce qu’elle s’engage dans une autre considération de l’enfant, dans une autre approche du rapport enseignement / apprentissage. C’est parce qu’elle fait un pas de côté, en centrant l’enfant au cœur de l’école, qu’elle choisit d’encourager leur curiosité naturelle. C’est aussi parce qu’elle accompagne les enfants vers une belle compréhension d’eux-même et du monde, dans un environnement d’égalité, de coopération, de respect, de confiance et de liberté.
Ce choix est aussi indissociable de la place accordée à la nature qui est un espace pédagogique à part entière, support d’exploration et d’émerveillement.
